Écrivain - Philosophe - Intervenant social

Séminaire de philosophie 2015

Deux héritages, une aspiration : la vocation écologique du Québec?

Notre 20e séminaire estival, du vendredi 7 août 19h au dimanche 9 août 2015 15h30

Au Domaine Floravie

Si l’écologie est l’art de vivre en harmonie avec la nature, il s’agit sans doute de la plus vieille, de la plus dépouillée et de la plus essentielle spiritualité du monde : taoïste en Chine, présocratique en Grèce, avant Caïn pour les Hébreux, avant la conquête chez les Innus… Elle consiste dans l’accord entre l’harmonie intérieure et l’harmonie extérieure : le « yoga » de la vie.

 

 

 

 

Où se situe le Québec dans cet art de vivre si ancien qu’il est maintenant devant nous comme une nécessité de survie? Telle sera notre première question.

 

 

 

Par son fort métissage, ses coureurs des bois, ses aspirations plus commerciales que coloniales qui l’obligeaient à entrer en relation avec les autochtones, la culture québécoise est biracinaire :

 

1.      le christianisme d’où elle tire ses aspirations à une écologie sociale humaniste, juste et égalitaire;  

 

2.      les spiritualités des Premiers Peuples d’où elle tire une vision et une expérience de respect et d’harmonie avec la nature.  

 

Certainement, ces deux racines sont pour le moins mutilées :

 

·         du côté « catholique » de notre histoire, le totalitarisme, l’autoritarisme, la promotion d’une attitude de soumission et de résignation, une série de croyances nettement fabriquées pour manipuler les esprits ont favorisé le rejet global et même une sorte de honte du passé;

 

·         du côté des « Premiers Peuples », notre métissage, notre dépendance, notre admiration secrète en même temps que notre participation au génocide global ont engendré un déni et une culpabilité difficiles à assumer.

 

Malgré tout, le christianisme nous a donné une vision communautaire de l’humanité, un seul « nous » inclusif et universel où la vie de chacun a quelque chose de sacré quelles que soient sa couleur et ses coutumes. Par ailleurs, notre relation complexe avec les Premiers peuples a emprunté à Rousseau et à la nécessité juste assez de sensibilité pour nous inoculer l’amour et le respect de la nature. Ce double héritage pourrait se présenter comme le double fondement à une éthique de l’écologie.  

 

 

 

Au Québec comme ailleurs, notre culture souffre de déracinement. La partie déracinée suit le reste du monde dans une sorte de disharmonie, de folie de consommation, mais la partie enracinée tire de ses racines les plus saines la sève primordiale du christianisme et s’approche des Premiers Peuples pour apprendre à mieux vivre avec la nature. Les membranes vivantes d’un grand arbre sont ténues. Elles forment l’aubier sous l’écorce. C’est dans l’aubier que circulent la sève montante qui va des racines aux feuilles et la sève descendante qui va des feuilles aux racines. C’est l’aubier qui donne la vie à tout l’arbre. Cette membrane est vitale. Elle peut jouer un rôle utile dans la transformation des mentalités si nécessaire pour limiter le péril climatique déjà sérieusement amorcé.  Le Québec pourrait-il se mettre debout dans son originalité pour apporter au monde son double héritage?

 

 

 

Mais surtout, comment chacun d’entre nous pourrait-il renforcer son enracinement? Comment aller chercher dans nos racines cette harmonie intérieure qui nous force à prendre part au combat nécessaire pour refaire l’harmonie de la nature partout où c’est possible? Telle sera notre deuxième question.

  

 

L’horaire proposé :

 

Vendredi de 19:00 h à 21:00h

Rencontre d’ouverture (mise en questions)

Samedi de 9:00 h à 12:00h

Ateliers en cinq groupes

Samedi PM

Période libre pour profiter de la nature

Samedi de 19:00 h à 21:00h

Plénière d’approfondissement 

Dimanche de 9:00 h à 12:00h

Retour sur les ateliers

Dimanche de 1 :30 à 3 :30h

Synthèse

 

Un cahier de réflexion sera donné sur place. Pour payer les frais de location du grand chalet, de photocopies, le courrier, etc., nous demandons une contribution de 40$ payable à l’inscription. Vous pourrez lire, avant même le séminaire, le texte d’accompagnement. Il sera sur le blogue du site sageterre.org environ 15 jours avant le séminaire.

Il faut s’inscrire avant le 15 juillet. Le nombre de places sera limité à 80 en raison du permis accordé au domaine Floravie. Les premières inscriptions payées ont préséance. Les personnes inscrites, mais en surplus, seront avisées par téléphone ou courriel.  Les personnes non avisées pourront considérer leur inscription retenue.

 

Mon épouse Marie-Hélène Langlais (responsable de l’organisation du séminaire) et moi-même serons heureux de vous accueillir.  Pour plus d’information, vous pouvez la rejoindre au 418-736-5859 ou par courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..

 

 

Nouveau blogue de Jean Bédard

Retrouvez les dernières réflexions de Jean Bédard sur son nouveau blogue à l'adresse suivante :

jeanbedardphilosopheecrivain.wordpress.com/


"Deux visions de l’écologie se disputent :
1) Les "écoloscientistes" sont convaincus que nos problèmes écologiques sont simplement dus au fait que nous ne dominons pas encore correctement la nature. Lorsque nous la dominerons par nos techniques, elle sera à notre service et proprement.
2) Les "écolonaturalistes" ceux qui sont convaincus que nous devons nous soumettre à la nature, nous inspirer des peuples anciens et ne pas nuire à la vie.

Je pense que si nous avions actuellement le secret de l’énergie gratuite et sans conséquence, on s’en servirait pour mieux polluer par surconsommation et mieux s’entretuer par écœurement ou fanatisme. Je cherche donc la voie des bienheureux qui ont trouvé assez de paix en eux pour vivre simplement, émus de beauté. Il ne s’agit de vivre à l’âge de pierre, mais de composer avec la nature une œuvre collective, une écologie de la participation. La troisième voie.

L’écologie est surtout un art de vivre, un art de prendre soin de la vie pour qu’elle prenne soin de nous, une manière de jardiner dans tous les éléments du cœur et de la terre.

Je vais donc partager ma pratique, mes gaucheries, mes criantes erreurs d’ignorance sur le sentier que je prends chaque matin pour aller de la maison à l’étable, puis au jardin, en tentant de sortir de mes idées de gloire et de mes déceptions de vieux snoreau. Je promets seulement d’être sincère et d’aller jusqu’au bout."